La vie me donnera ce qui est le mieux pour moi
« La vie me donnera ce qui est le mieux pour moi » : confiance ou attente déguisée ?
Il y a une phrase que j’ai beaucoup entendue dans les milieux du développement personnel et de la spiritualité :
« Je fais confiance à la vie, elle me donnera ce qui est le mieux pour moi. »
Sur le papier, c’est magnifique.
Il y a de la confiance.
Du lâcher-prise.
Une forme d’abandon à quelque chose de plus grand que nous.
Et pourtant, derrière cette phrase peut parfois se cacher une réalité beaucoup moins confortable :
nous attendons.
Nous continuons notre quotidien exactement comme avant.
Nous reproduisons les mêmes habitudes.
Nous fréquentons les mêmes personnes.
Nous faisons les mêmes choix.
Nous entretenons les mêmes croyances.
Mais nous espérons qu’un jour, quelque chose de différent va arriver.
La rencontre.
L’opportunité.
Le déclic.
L’argent.
La maison.
Le projet.
La révélation.
Et si cette confiance dans la vie était parfois une manière très élégante de ne pas décider ?
Attendre peut être extrêmement rassurant
C’est ici que la sécurité intérieure entre en jeu.
Décider nous expose.
Attendre beaucoup moins.
Si j’attends que « la bonne opportunité » professionnelle arrive, je n’ai pas encore besoin de prendre le risque d’envoyer une candidature.
Si j’attends que « la bonne personne » entre dans ma vie, je peux éviter de m’exposer à une nouvelle relation.
Si j’attends que « le bon moment » arrive pour lancer mon projet, je n’ai pas encore besoin de le confronter au monde réel.
Et si j’attends que la vie m’envoie un signe, je peux repousser la responsabilité de choisir.
Nous pouvons appeler cela confiance.
Mais quelquefois, c’est une protection.
Ce qui te protège aujourd’hui est peut-être ce qui te bloque demain.
Rien ne change si nous reproduisons exactement la même chose
Dans mon ancien texte, j’expliquais cela avec la loi d’attraction, les vibrations et notre paradigme.
Je considérais que notre inconscient émettait une fréquence énergétique qui matérialisait notre environnement extérieur.
Aujourd’hui, je préfère également regarder quelque chose de beaucoup plus concret.
Si je reproduis les mêmes comportements, il existe de fortes chances que je reproduise une partie des mêmes résultats.
Si je veux rencontrer de nouvelles personnes mais que je ne rencontre jamais personne, mes possibilités sont limitées.
Si je souhaite développer mon activité mais que je n’ose jamais parler de ce que je fais, il sera difficile de trouver de nouveaux clients.
Si je veux être davantage respecté mais que je continue à accepter systématiquement ce qui ne me convient pas, mon environnement n’a aucune raison de comprendre que mes limites ont changé.
Nous pouvons appeler cela énergie, paradigme, habitudes ou comportements.
Le constat reste intéressant :
une transformation extérieure demande souvent qu’une modification se produise quelque part en nous ou dans nos actions.
Tout ce qui nous arrive n’est pas notre création
J’écrivais autrefois :
« Tout ce que je vois autour de moi est le prolongement de moi. »
Et j’en déduisais que nous ne pouvions pas critiquer ou juger notre environnement puisqu’il était le fruit de notre propre création.
Je souhaite aujourd’hui nuancer profondément cette idée.
Nous ne créons pas tous les événements que nous rencontrons.
Nous ne sommes pas responsables du comportement des autres.
Nous ne choisissons pas toutes les difficultés qui traversent notre existence.
Et considérer systématiquement qu’une personne a « attiré » ce qu’elle vit peut devenir profondément culpabilisant.
En revanche, nous possédons une responsabilité importante :
que faisons-nous de la réalité qui se présente à nous ?
Je ne contrôle pas tout ce qui entre dans ma vie.
Mais je peux progressivement apprendre à choisir ce que j’y conserve.
Cette distinction est essentielle.
Accepter sa réalité ne signifie pas s’y résigner
Si ma situation actuelle ne me convient pas, je peux commencer par la regarder sans la fuir.
« Oui, aujourd’hui, j’en suis là. »
Mon activité ne fonctionne pas comme je voudrais.
Mon couple traverse une difficulté.
Je n’aime plus mon logement.
Je manque de temps.
Je ne gagne pas suffisamment.
Je ne me sens plus à ma place.
Accepter cela ne signifie pas :
« C’est formidable, merci la vie ! »
Cela signifie simplement :
« Voilà mon point de départ. »
Je cesse de gaspiller mon énergie à prétendre que tout va bien.
Je cesse également de considérer que ma situation définit ce que sera toute ma vie.
Puis vient la question importante :
« Qu’est-ce que je veux maintenant ? »
Une intention devient intéressante lorsqu’elle clarifie une direction
J’aime toujours poser des intentions.
Mais je ne les regarde plus comme des commandes passées à l’Univers qui devraient nécessairement être livrées.
Une intention peut avoir une fonction extrêmement concrète :
elle nous oblige à choisir une direction.
Tant que je dis :
« On verra bien ce que la vie me réserve »,
tout reste ouvert.
Cela peut sembler agréable.
Mais cela peut aussi me permettre de ne rien choisir.
Lorsque je dis :
« Je veux consacrer davantage de temps à la scène »,
quelque chose devient plus clair.
Lorsque je dis :
« Je veux vivre davantage au contact de la nature »,
je peux commencer à regarder mes choix sous cet angle.
Lorsque je dis :
« Je ne veux plus construire mes relations en ayant peur d’être abandonné »,
je peux observer différemment mes comportements.
L’intention n’a pas magiquement transformé le monde.
Elle a modifié l’endroit depuis lequel je vais désormais prendre certaines décisions.
La décision ne supprime pas l’incertitude
C’est précisément pour cela que décider demande de la sécurité intérieure.
Nous aimerions parfois que la décision soit accompagnée d’une garantie :
« Vas-y, Stéphane, tu peux y aller. Tout va fonctionner exactement comme prévu. »
La vie ne fonctionne pas ainsi.
Nous décidons avec les informations disponibles.
Puis nous avançons.
Nous observons.
Nous ajustons.
Nous changeons éventuellement de direction.
La sécurité intérieure ne consiste donc pas à être absolument certain d’avoir pris la bonne décision.
Elle consiste à pouvoir se dire :
« Même si tout ne se passe pas comme prévu, je me fais suffisamment confiance pour m’adapter. »
Et cela change radicalement notre rapport à l’action.
Les transformations rapides existent, mais elles ne prouvent pas une loi
Dans mon ancien article, je racontais des expériences qui m’avaient énormément marqué.
R. avait formulé très précisément le type d’homme qu’elle souhaitait rencontrer et une rencontre avait eu lieu quelques heures plus tard.
Virginie avait exprimé son désir concernant une maison et une opportunité était apparue presque immédiatement.
Ces histoires ont nourri ma vision de la loi d’attraction.
Je continue à trouver certaines coïncidences de la vie absolument fascinantes.
Mais je ne peux pas en faire une règle universelle.
Nous nous souvenons particulièrement des moments où l’intention et l’événement se suivent de manière spectaculaire.
Cela ne signifie pas que chaque désir clairement formulé sera matérialisé dans les deux heures.
Et heureusement, notre capacité à avancer ne devrait pas dépendre de cette promesse.
Aller à l’essentiel… à l’essence-ciel
Il y a cependant quelque chose que je conserve profondément de cette période de ma vie.
J’ai toujours aimé aller à l’essentiel.
À l’essence-ciel !
Enlever le bruit.
Les « il faut ».
Les « je devrais ».
Les attentes des autres.
Les scénarios catastrophes.
Les croyances qui nous disent automatiquement pourquoi quelque chose sera impossible.
Et revenir à une question beaucoup plus simple :
« Qu’est-ce qui me met profondément en joie et qu’est-ce qui m’empêche aujourd’hui d’aller dans cette direction ? »
La réponse n’est pas toujours confortable.
Parce que nous découvrons parfois que nous savons déjà ce que nous voulons.
Ce qui manque n’est pas la réponse.
C’est la sécurité nécessaire pour l’assumer.
La joie n’efface pas toutes nos blessures
J’affirmais également que la joie pouvait « consumer » les émotions enfouies depuis l’enfance.
Je ne le dirais plus ainsi.
La joie est une ressource extraordinaire.
Elle peut nous redonner de l’élan.
Elle peut nous reconnecter à ce qui compte.
Mais elle n’a pas besoin de devenir une obligation destinée à faire disparaître toutes les émotions désagréables.
La tristesse a sa place.
La colère aussi.
La peur également.
La sécurité intérieure consiste justement à pouvoir traverser ces états sans croire que nous devons immédiatement les éliminer pour « vibrer haut ».
Nous pouvons être pleinement vivants sans être joyeux vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Faire confiance à la vie sans lui abandonner le volant
Finalement, je n’ai aucun problème avec cette phrase :
« Je fais confiance à la vie. »
À condition d’y ajouter :
« Et je prends ma part. »
Je ne sais pas ce qui va arriver.
Mais je peux choisir une direction.
Je ne contrôle pas toutes les rencontres.
Mais je peux aller davantage au contact du monde.
Je ne peux pas garantir la réussite de mon projet.
Mais je peux poser la première action.
Je ne sais pas si ma décision sera parfaite.
Mais je peux cesser d’attendre d’en être certain pour commencer à vivre.
Voilà peut-être la différence entre confiance et résignation.
La résignation attend que quelque chose arrive pour enfin se mettre en mouvement.
La confiance avance tout en sachant qu’elle ne contrôle pas tout.
Alors si vous vous répétez depuis plusieurs mois :
« La vie me donnera ce qui est le mieux pour moi »,
posez-vous simplement cette question :
« Qu’est-ce que j’attends encore de l’extérieur que je pourrais commencer à décider pour moi aujourd’hui ? »
Peut-être que la vie ne vous demande pas d’attendre davantage.
Peut-être que ce qui manque aujourd’hui n’est ni un signe, ni une synchronicité, ni une opportunité supplémentaire.
Peut-être qu’il manque simplement cette sécurité intérieure qui permet de dire :
« Je ne sais pas exactement où cela va me conduire, mais maintenant, j’y vais. »
La vie est magique avec un grand M.
Et la vie, c’est aussi ce que nous choisissons d’en faire.
Nous sommes #TousFormidable.












