Instant présent ou procrastination

Instant présent ou procrastination : quand « ne rien faire » devient une manière d’éviter ses peurs

Dans la vie, tout est subtil.

Dans l’univers du développement personnel et de la spiritualité, nous entendons beaucoup parler d’instant présent, de lâcher-prise, de visualisation et de non-action.

« Profite de l’instant présent. »

« Ne force rien. »

« Visualise ton rêve. »

« Laisse la vie faire. »

Ces idées peuvent avoir énormément de valeur.

Mais elles peuvent aussi devenir de formidables excuses pour ne pas agir.

Alors si vous appliquez cette philosophie depuis quelque temps, je vous propose une question très simple :

Qu’est-ce qui a réellement changé dans votre vie au cours des douze derniers mois ?

Pas ce que vous avez compris.

Pas ce que vous avez visualisé.

Pas ce que vous aimeriez vivre.

Qu’avez-vous concrètement transformé ?

Nous ne sommes pas là pour nous épuiser dans l’action

Commençons par l’autre extrême.

Agir ne signifie pas courir du matin au soir.

Pendant longtemps, notre société a beaucoup valorisé le « faire ».

Travailler davantage.

Produire davantage.

Être occupé.

Remplir son agenda.

Comme si notre valeur dépendait de notre productivité.

Ce n’est pas la direction que je défends.

Nous avons besoin de repos, de silence, d’introspection et de moments pendant lesquels nous ne produisons absolument rien.

La sécurité intérieure se construit aussi dans notre capacité à nous arrêter sans culpabiliser.

Mais se reposer et renoncer à vivre ne sont pas la même chose.

Et c’est là que la subtilité commence.

La vie est mouvement

Notre corps lui-même nous le rappelle.

Nous sommes faits pour bouger.

Marcher.

Respirer.

Explorer.

Rencontrer.

Créer.

Interagir.

Si nous restons totalement immobiles pendant une longue période, notre corps ne devient pas plus fort parce que nous avons « lâché prise ».

Il se déconditionne.

Il existe évidemment des situations médicales, psychologiques ou personnelles dans lesquelles le repos prolongé est nécessaire. Mais dans le fonctionnement ordinaire de notre existence, le mouvement participe à notre équilibre.

Il en va de même pour notre vie.

Une idée que nous n’expérimentons jamais reste une idée.

Un rêve sans aucune action reste un rêve.

Une prise de conscience qui ne modifie aucun comportement reste essentiellement une information.

La spiritualité peut parfois devenir une cachette

C’est un piège que je trouve particulièrement intéressant.

Nous pouvons utiliser des concepts spirituels pour éviter ce qui nous fait peur.

« Je laisse faire l’Univers. »

Très bien.

Mais avez-vous passé cet appel ?

« Je lâche prise. »

Très bien.

Mais avez-vous envoyé votre candidature ?

« Je visualise mon futur. »

Très bien.

Mais quelle action avez-vous entreprise aujourd’hui pour vous en rapprocher ?

« Je profite de l’instant présent. »

Très bien.

Mais est-ce réellement de la présence… ou est-ce une manière élégante de repousser à demain ce que vous n’osez pas faire aujourd’hui ?

La frontière entre lâcher-prise et procrastination peut parfois être extrêmement fine.

Derrière la procrastination se cache souvent une insécurité

Nous présentons souvent la procrastination comme un problème de motivation.

« Je suis fainéant. »

« Je manque de volonté. »

Mais très souvent, la question est plus profonde.

Qu’est-ce que l’action que vous repoussez pourrait provoquer ?

Un échec ?

Le jugement des autres ?

Un refus ?

Une perte financière ?

Une confrontation ?

Une remise en question de votre identité ?

Vous souhaitez créer votre activité, mais vous ne contactez jamais votre premier client.

Pourquoi ?

Peut-être pas parce que vous êtes paresseux.

Peut-être parce que tant que vous ne contactez personne, personne ne peut vous dire non.

Ne pas agir vous protège.

Et voilà pourquoi la sécurité intérieure est au cœur de la question.

La zone de confort protège, mais elle peut aussi enfermer

Lorsque nous restons dans ce que nous connaissons, notre système intérieur se sent relativement tranquille.

Pas de risque.

Pas de refus.

Pas d’échec.

Mais pas de nouvelle expérience non plus.

Pour évoluer, nous devons régulièrement accepter une petite quantité d’inconnu.

Cela ne signifie pas nous mettre en danger.

Cela signifie agrandir progressivement l’espace dans lequel nous nous sentons capables d’agir.

Un appel.

Une rencontre.

Une nouvelle activité.

Une conversation difficile.

Une candidature.

Un premier client.

Une décision.

Chaque fois que nous traversons une petite peur sans nous effondrer, nous construisons une nouvelle référence intérieure :

« Je suis capable de faire face. »

C’est ainsi que grandit la sécurité intérieure.

Visualiser ne remplace pas expérimenter

J’utilise moi-même la visualisation dans mon approche.

Visualiser une direction peut nous aider à clarifier ce que nous voulons et à ressentir ce qu’un projet représente pour nous.

Mais la visualisation n’est pas l’action.

Vous pouvez visualiser pendant trois ans votre envie d’apprendre à nager.

À un moment, il faudra entrer dans l’eau.

C’est l’expérience qui va vous apporter les informations que votre mental ne possède pas encore.

Peut-être découvrirez-vous que votre projet est exactement ce que vous vouliez.

Peut-être découvrirez-vous qu’il ne vous correspond finalement pas.

Dans les deux cas, vous aurez avancé.

Parce que l’action produit du réel.

Évoluer ne signifie pas être en transformation permanente

J’écrivais autrefois :

« Soit on évolue, soit on involue. »

Je mettrais aujourd’hui une nuance importante.

Nous avons également besoin de périodes d’intégration.

Des moments où extérieurement rien d’extraordinaire ne semble se produire.

Nous ne sommes pas obligés de nous améliorer continuellement.

La vie n’est pas une compétition permanente contre la personne que nous étions hier.

Et l’absence temporaire de progression visible ne provoque pas mécaniquement des maladies ou des pathologies. La santé est multifactorielle et ne peut pas être réduite à une circulation supposée des « énergies ».

En revanche, lorsqu’une situation ne nous convient plus et que nous restons immobilisés pendant des années uniquement par peur, notre qualité de vie peut effectivement en souffrir.

C’est cette immobilité-là qu’il est intéressant d’interroger.

La joie a aussi besoin de mouvement

Dans ma vision, la joie n’est pas uniquement un état contemplatif.

Elle peut se vivre dans la créativité.

Dans une rencontre.

Dans un projet.

Dans le mouvement du corps.

Dans l’apprentissage.

Dans le fait de construire quelque chose.

Dans la contribution.

Dans les interactions humaines.

Cela ne signifie pas que nous devons tous devenir extravertis ou travailler huit heures par jour. Certaines personnes ont davantage besoin de solitude que d’autres.

Mais même dans la solitude, nous pouvons créer, expérimenter et être en mouvement.

Le mouvement dont je parle est avant tout celui de la vie.

Posez-vous la bonne question

Alors la prochaine fois que vous vous dites :

« Je le ferai demain »,

ne vous accusez pas immédiatement de procrastiner.

Posez-vous plutôt cette question :

« Est-ce que je me repose réellement ou est-ce que je me protège de quelque chose qui me fait peur ? »

Si vous avez besoin de repos, reposez-vous.

Vraiment.

Sans culpabilité.

Mais si vous découvrez une peur derrière votre immobilité, regardez-la.

Puis cherchez la plus petite action possible.

Pas celle qui va bouleverser toute votre vie.

Celle qui va simplement vous faire avancer d’un pas.

Parce que la sécurité intérieure ne se construit ni dans l’agitation permanente ni dans l’immobilité permanente.

Elle se construit dans cette capacité à savoir quand nous avons besoin de nous arrêter… et quand il est temps de nous remettre en mouvement.

L’instant présent n’est pas un canapé sur lequel nous attendons que notre rêve se réalise.

L’instant présent est précisément le seul endroit dans lequel nous pouvons agir pour commencer à le réaliser.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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