Lâcher ce que nous ne voulons plus
Pourquoi savons-nous qu’il faut changer… sans réussir à lâcher ce qui nous fait souffrir ?
Depuis combien de temps êtes-vous insatisfait d’une partie de votre vie ?
Depuis combien de temps savez-vous qu’une situation ne vous convient plus, qu’une relation vous fait souffrir, qu’un travail vous épuise ou qu’une habitude vous enferme ?
Parfois, nous le savons depuis des mois.
Parfois depuis des années.
Et pourtant, nous restons.
C’est l’un des paradoxes les plus intéressants du changement : nous pouvons parfaitement savoir qu’une situation nous fait souffrir et continuer malgré tout à nous y accrocher.
Pendant longtemps, j’ai expliqué cela essentiellement en parlant d’énergies, d’intention et de loi d’attraction.
Aujourd’hui, j’y ajoute une notion qui me semble fondamentale : la sécurité intérieure.
Parce que derrière notre difficulté à lâcher se cache souvent une question beaucoup plus profonde.
Si je lâche ce que je connais, suis-je suffisamment en sécurité pour affronter ce que je ne connais pas encore ?
Lorsque je n’avais plus rien à perdre
Dans mon propre parcours, certaines transformations ont été extrêmement rapides.
Entre une prise de conscience majeure et les premiers changements profonds dans ma manière de vivre, quelques mois ont parfois suffi.
Mais j’avais un avantage assez particulier : j’étais arrivé tellement bas que je n’avais quasiment plus rien à perdre.
Ce détail a son importance.
Lorsque ce que nous connaissons est devenu plus douloureux que l’inconnu, le changement peut soudainement devenir beaucoup plus facile.
Le problème est que nous n’avons pas besoin d’attendre d’être au fond du trou pour changer.
Et pourtant, nous le faisons souvent.
Pourquoi ?
Parce qu’une situation insatisfaisante mais connue peut procurer davantage de sécurité apparente qu’une situation inconnue potentiellement meilleure.
Nous ne nous accrochons pas toujours à ce qui nous rend heureux
Nous nous accrochons souvent à ce qui nous rassure.
Un emploi peut nous rendre profondément malheureux tout en garantissant notre salaire à la fin du mois.
Une relation peut ne plus nous convenir tout en nous évitant d’affronter la solitude.
Une habitude peut nous faire du mal tout en nous apportant un soulagement immédiat.
Un environnement peut nous étouffer tout en restant familier.
Notre système de protection ne cherche pas nécessairement notre épanouissement.
Il cherche d’abord à éviter le danger.
Et l’inconnu peut être interprété comme un danger.
Voilà pourquoi une personne peut dire pendant trois ans : « Je sais qu’il faut que je parte », sans partir.
Ce n’est pas forcément un manque de volonté.
C’est parfois un manque de sécurité intérieure.
Lâcher demande de supporter un espace vide
J’ai longtemps utilisé cette expression : « L’univers n’aime pas le vide. »
Dans ma vision spirituelle, lorsque nous libérons réellement une place dans notre existence, quelque chose de nouveau peut apparaître.
Mais il existe entre les deux une étape que nous aimerions souvent éviter.
Le vide.
Vous quittez un travail sans encore connaître le suivant.
Vous mettez fin à une relation sans savoir qui vous rencontrerez demain.
Vous abandonnez une ancienne manière de fonctionner alors que la nouvelle n’est pas encore devenue naturelle.
C’est précisément cet espace qui demande de la sécurité intérieure.
Car nous aimerions souvent avoir la garantie du prochain chapitre avant de fermer le précédent.
Or la vie ne fonctionne pas toujours ainsi.
Parfois, nous devons accepter de ne pas savoir.
Aucun outil ne peut décider à notre place
Le monde du développement personnel et des thérapies regorge d’outils.
Hypnose, méditation, ho’oponopono, visualisation, exercices symboliques, pratiques énergétiques…
Certains peuvent être très utiles à certaines personnes et dans certains contextes. L’hypnose, notamment, dispose d’applications thérapeutiques étudiées ; son efficacité dépend de l’indication, de la personne et du cadre dans lequel elle est pratiquée.
Mais aucun outil ne peut remplacer entièrement notre implication dans le changement.
Nous pouvons multiplier les séances tout en continuant à nourrir exactement les mêmes comportements entre deux rendez-vous.
Nous pouvons comprendre pourquoi nous souffrons et ne rien modifier.
Nous pouvons visualiser une nouvelle vie chaque matin et continuer à dire oui toute la journée à ce que nous ne voulons plus.
L’outil peut accompagner le mouvement.
Il ne peut pas toujours créer le mouvement à notre place.
Une décision véritable finit par produire des actes
Il existe une différence entre penser :
« Il faudrait vraiment que cela change. »
Et décider :
« Je ne veux plus continuer ainsi. »
La première formulation contient encore une négociation.
La seconde ouvre une direction.
Cela ne signifie pas que tout devient instantanément facile.
Une décision importante peut réveiller de la peur, des doutes et parfois énormément d’émotions.
Mais quelque chose a changé : nous avons cessé intérieurement de considérer l’ancienne situation comme notre seule possibilité.
Nous commençons alors à poser des actes différents.
Dire non.
Demander de l’aide.
Faire une démarche.
Modifier une habitude.
Poser une limite.
Préparer financièrement une transition.
Prendre rendez-vous avec un professionnel.
Créer progressivement les conditions permettant de sortir de ce qui ne nous convient plus.
C’est là que l’intention rencontre la matière.
Plus nous nous respectons, plus nos choix changent
Il existe un cercle que j’observe souvent.
Plus nous apprenons à nous écouter, plus nous identifions ce qui ne nous convient pas.
Plus nous identifions ce qui ne nous convient pas, plus nous pouvons poser des limites.
Plus nous posons des limites, plus nous constatons que nous sommes capables de nous protéger.
Et plus nous découvrons que nous pouvons compter sur nous-mêmes, plus notre sécurité intérieure augmente.
Nous n’avons alors plus autant besoin de nous accrocher à une situation uniquement parce qu’elle est connue.
C’est peut-être cela, finalement, le véritable changement.
Non pas réussir à contrôler la vie pour obtenir la garantie que tout se passera bien.
Mais développer suffisamment de sécurité en soi pour pouvoir se dire :
« Je ne sais pas exactement ce qui m’attend, mais je sais que je ne veux plus m’abandonner pour conserver ce qui me rassure. »
Alors, si une partie de votre vie vous frustre depuis longtemps, ne vous demandez pas uniquement ce que vous devriez changer.
Posez-vous plutôt cette question :
Qu’est-ce que j’ai peur de perdre si je décide réellement de changer ?
La réponse pourrait vous montrer précisément l’endroit où votre sécurité intérieure demande aujourd’hui à être renforcée.
Nous sommes #TousFormidable.












