Se comparer nous détruit

Se comparer aux autres : que cherchons-nous réellement à vérifier ?

Il suffit parfois de quelques secondes sur les réseaux sociaux.

Quelqu’un annonce une réussite professionnelle.

Une autre personne publie les photos de ses vacances.

Un couple semble merveilleusement heureux.

Un entrepreneur affiche son chiffre d’affaires.

Quelqu’un présente sa nouvelle maison.

Et presque instantanément, quelque chose peut se passer en nous.

« Et moi ? »

Deux petits mots qui peuvent suffire à transformer notre état intérieur.

Quelques secondes auparavant, tout allait bien. Rien n’avait changé dans notre vie. Nous étions exactement la même personne, avec les mêmes qualités, les mêmes ressources, les mêmes projets.

Et pourtant, le simple fait de regarder la vie de quelqu’un d’autre vient parfois modifier la perception que nous avons de la nôtre.

C’est là que la comparaison devient passionnante à observer.

Nous sommes tous différents, alors pourquoi vouloir nous comparer ?

Nous sommes des êtres humains uniques.

Nous n’avons ni la même histoire, ni les mêmes valeurs, ni les mêmes besoins, ni les mêmes expériences, ni les mêmes envies.

Nous ne partons pas du même endroit et nous ne voulons pas nécessairement arriver au même endroit.

Alors sur quelle base pourrions-nous réellement nous comparer ?

Comparer deux êtres humains reviendrait presque à comparer un chêne et un cerisier en demandant lequel réussit le mieux sa vie.

Le chêne n’a pas besoin de produire des cerises pour avoir de la valeur.

Et le cerisier n’a pas échoué parce qu’il ne mesure pas vingt mètres.

Chacun développe ce qu’il est.

Pourtant, nous avons appris très tôt à regarder sur les côtés.

Les notes à l’école.

Le classement.

Celui qui court le plus vite.

Celui qui réussit le mieux.

Celui qui gagne davantage.

Celui qui possède la plus grande maison.

Celui qui a le plus d’abonnés.

Celui qui semble avoir le plus beau couple.

Et à force de regarder où se trouvent les autres, nous pouvons finir par ne plus savoir où nous sommes nous-mêmes.

Derrière la comparaison, je retrouve souvent une question de sécurité intérieure

Pourquoi avons-nous autant besoin de savoir si nous sommes meilleurs ou moins bons que quelqu’un d’autre ?

Parce que la comparaison nous donne un repère.

Si je ne sais pas profondément quelle valeur je me donne, je vais naturellement chercher des éléments à l’extérieur pour essayer de le déterminer.

Est-ce que je gagne suffisamment ?

Je regarde ce que gagnent les autres.

Est-ce que j’ai réussi ma vie ?

Je regarde la leur.

Est-ce que mon corps est suffisamment beau ?

Je le compare aux autres corps.

Est-ce que je suis un bon parent ?

Je regarde comment font les autres parents.

Est-ce que mon entreprise fonctionne correctement ?

Je regarde les résultats de mes concurrents.

Nous pouvons ainsi passer notre existence à mesurer notre valeur avec une règle qui ne nous appartient même pas.

Et le problème, c’est que cette règle change en permanence.

Il y aura toujours quelqu’un qui possède davantage.

Quelqu’un de plus jeune.

De plus riche.

De plus visible.

De plus expérimenté.

De plus sportif.

De plus cultivé.

Et si ma sécurité dépend de ma position par rapport aux autres, je suis condamné à devoir vérifier continuellement où je me situe.

Comparaison, compétition, consommation

J’aime depuis longtemps rapprocher ces trois mots.

Comparaison. Compétition. Consommation.

Parce qu’ils peuvent facilement s’alimenter les uns les autres.

Je me compare.

Je constate un écart.

Cet écart crée éventuellement une frustration ou un sentiment de manque.

Alors je vais chercher quelque chose qui pourrait réduire cet écart.

Je travaille davantage.

J’achète.

Je cherche de la reconnaissance.

Je veux être vu.

Je veux obtenir le même résultat que l’autre.

Et sans même m’en rendre compte, je peux commencer à construire ma vie non plus à partir de ce qui me correspond, mais à partir de ce que je vois chez les autres.

C’est là que je perds progressivement mon unicité.

La comparaison peut aussi fonctionner dans l’autre sens

Nous pensons généralement à la comparaison lorsque nous nous sentons inférieurs.

Mais elle existe également lorsque nous nous plaçons au-dessus.

« Moi, je ne ferais jamais ça. »

« Il n’a vraiment rien compris. »

« Elle devrait faire autrement. »

« Moi, à sa place… »

Cette fois, la comparaison nous rassure.

Elle nous permet momentanément de nous sentir meilleur, plus intelligent, plus conscient ou plus compétent.

Mais le mécanisme reste sensiblement le même : j’ai besoin de l’autre pour déterminer ma propre position.

Et c’est là que je retrouve encore la sécurité intérieure.

Lorsque je suis profondément en paix avec ce que je suis, ai-je réellement besoin que l’autre soit moins bon pour me sentir suffisamment bon ?

Ne plus juger ne signifie pas ne plus rien apprécier

Je proposais autrefois un exercice assez radical : regarder une fleur sans même penser qu’elle est belle, parce que dire « cette fleur est belle » reviendrait déjà à la comparer aux autres.

Aujourd’hui, je mettrais davantage de nuances.

Nous pouvons évidemment trouver une fleur magnifique.

Nous pouvons préférer une musique à une autre, un endroit à un autre, une activité à une autre.

Nous sommes humains et nous avons des sensibilités, des goûts et des préférences.

Le problème commence plutôt lorsque nous transformons systématiquement nos préférences en hiérarchies de valeur.

J’aime davantage cette fleur.

Cela ne signifie pas que l’autre fleur vaut moins.

Je préfère vivre de cette manière.

Cela ne signifie pas que celui qui vit autrement a raté sa vie.

Je suis heureux avec mes choix.

Je n’ai donc pas besoin de dévaloriser ceux des autres pour les conforter.

Cette distinction change énormément de choses.

Faites l’expérience dans la nature

La prochaine fois que vous vous promenez, essayez simplement d’observer.

Un arbre est immense.

Un autre est tordu.

Une branche est cassée.

Une fleur est éclatante.

Une autre commence déjà à faner.

Une plante pousse merveilleusement bien en plein soleil alors qu’une autre se développe dans l’ombre.

La nature ne semble pas avoir besoin que tout soit identique pour fonctionner.

Elle est justement riche de sa diversité.

Essayez alors de faire la même chose avec les humains.

Observer avant de classer.

Écouter avant de comparer.

Découvrir avant de conclure.

Et surtout, lorsque vous sentez la comparaison apparaître, ne cherchez pas nécessairement à la chasser.

Observez plutôt ce qu’elle vient toucher en vous.

Pourquoi la réussite de cette personne me dérange-t-elle ?

Pourquoi ai-je besoin de me sentir meilleur qu’elle ?

Pourquoi son physique remet-il en question le mien ?

Pourquoi son chiffre d’affaires modifie-t-il soudainement la perception que j’avais de ma propre réussite ?

Pourquoi son opinion différente menace-t-elle autant la mienne ?

La réponse peut nous apprendre énormément sur nous-mêmes.

Faire de sa différence une force

Développer sa sécurité intérieure, ce n’est pas parvenir à se convaincre que nous sommes meilleurs que les autres.

C’est progressivement ne plus avoir besoin de répondre à cette question.

Je n’ai pas besoin d’être meilleur.

Je n’ai pas besoin d’être moins bon.

J’ai besoin d’être suffisamment en accord avec moi-même pour construire une vie qui me ressemble.

Plus je connais mes valeurs, mes besoins, mes limites et ce qui me met profondément en joie, moins j’ai besoin d’utiliser la vie des autres comme instrument de mesure.

Je peux alors regarder quelqu’un réussir sans que sa réussite diminue la mienne.

Je peux admirer quelqu’un sans vouloir devenir lui.

Je peux rencontrer quelqu’un de très différent sans avoir besoin de lui démontrer qu’il se trompe.

Et je peux également échouer quelque part sans en déduire que je vaux moins.

Peut-être est-ce cela, finalement, une partie de la sécurité intérieure :

ne plus avoir besoin de connaître notre position par rapport aux autres pour savoir quelle valeur nous avons.

Alors, lorsque vous vous surprendrez à vous comparer aujourd’hui, plutôt que de vous juger à nouveau, posez-vous simplement cette question :

Qu’est-ce que je suis en train de chercher chez l’autre que je n’arrive pas encore à sécuriser suffisamment en moi ?

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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