D’où vient notre force intérieure

Et si la confiance en soi se construisait en apprenant à compter sur soi ?

« Je ne sais pas si je vais y arriver. »

« J’ai peur de me tromper. »

« Je ne sais pas quoi décider. »

« Et si je me retrouve seul ? »

« Je ne me sens pas capable. »

Lorsque j’entends ces phrases, je pourrais simplement répondre :

« Mais fais-toi confiance ! »

Le problème, c’est que lorsque nous avons passé une grande partie de notre existence à ne pas avoir confiance en nous, cette phrase ne sert pas à grand-chose.

Parce que la confiance ne se décrète pas.

Elle se construit.

Et elle se construit notamment à travers quelque chose de fondamental : l’expérience que nous faisons de nous-mêmes.

Estime de soi et confiance en soi

Les deux sont souvent mélangées.

L’estime de soi concerne plutôt la valeur que nous nous accordons.

Est-ce que je considère que j’ai de la valeur indépendamment de mes résultats, de mon métier, de mon argent ou du regard des autres ?

La confiance en soi concerne davantage notre sentiment de capacité.

Est-ce que je pense pouvoir faire face ?

Est-ce que je peux apprendre ?

Est-ce que je peux décider ?

Est-ce que je peux essayer quelque chose sans avoir la garantie de réussir ?

Est-ce que je peux traverser une difficulté sans immédiatement chercher quelqu’un pour me sauver ?

Et évidemment, les deux se nourrissent.

Parce que lorsque nous avons été dévalorisés pendant des années, notre confiance peut sérieusement être abîmée.

« Tu n’es pas capable »

Imaginez un enfant qui entend régulièrement :

« Laisse, je vais le faire. »

« Tu vas encore te tromper. »

« Fais attention ! »

« Tu n’es vraiment pas doué. »

« Donne-moi ça. »

Ou pire :

« Tu es bon à rien. »

Il peut progressivement intégrer quelque chose.

Pas nécessairement consciemment.

Quelque chose comme :

« Seul, je ne suis pas capable. »

Et il n’est même pas nécessaire d’avoir été ouvertement dévalorisé.

Nous pouvons avoir été énormément aimés et pourtant avoir été tellement couvés, protégés ou assistés que nous n’avons jamais véritablement appris à nous débrouiller seuls.

Les parents voulaient peut-être simplement nous protéger.

Mais si quelqu’un fait continuellement les choses à ma place, comment puis-je découvrir que je suis capable de les faire ?

La confiance se nourrit de l’action

Prenons quelque chose de très simple.

Je dois effectuer une démarche que je n’ai jamais faite.

J’ai peur.

Quelqu’un la fait à ma place.

Immédiatement, je suis soulagé.

Mais qu’est-ce que mon cerveau apprend ?

« Heureusement que cette personne était là, parce que moi, je n’aurais probablement pas réussi. »

La fois suivante, mon appréhension risque donc d’être encore présente.

Maintenant, prenons exactement la même situation.

J’ai peur.

Je ne sais pas comment faire.

Je cherche les informations dont j’ai besoin.

J’essaye.

Je me trompe éventuellement.

Je recommence.

Et finalement, j’y arrive.

Qu’est-ce que j’enregistre cette fois-ci ?

« Je ne savais pas faire, mais j’ai trouvé comment faire. »

Ça change tout.

Parce que la confiance ne vient pas uniquement de la réussite.

Elle vient aussi de cette découverte :

je peux ne pas savoir et quand même avancer.

Le confort peut également nous fragiliser

Il existe un autre phénomène que j’ai beaucoup observé.

Lorsque notre quotidien fonctionne depuis longtemps sans que nous ayons réellement besoin de prendre des décisions importantes, nous pouvons progressivement perdre l’habitude de nous confronter à l’inconnu.

Nous avons notre logement.

Notre salaire.

Notre couple.

Nos habitudes.

Notre organisation.

Peut-être que cette vie ne nous convient même plus vraiment.

Mais elle est connue.

Et le connu est rassurant pour notre cerveau.

C’est là que nous pouvons nous retrouver dans ce que j’appellerais un confort inconfortable.

Nous ne sommes pas suffisamment heureux pour avoir envie d’y rester.

Mais nous ne nous sentons pas suffisamment en sécurité pour en sortir.

Alors nous attendons.

« Je sais que je dois changer, mais j’ai peur »

C’est quelque chose que l’on retrouve beaucoup lorsqu’une personne ne se sent plus à sa place professionnellement.

Elle sait.

Parfois depuis plusieurs années.

Elle sent que quelque chose est terminé.

Elle ne retrouve plus de sens.

Elle rentre fatiguée.

Le dimanche soir devient lourd.

Elle imagine régulièrement autre chose.

Mais lorsqu’il faut commencer à envisager concrètement le changement, toutes les peurs arrivent.

« Et financièrement ? »

« Est-ce que je vais retrouver quelque chose ? »

« Est-ce que j’en suis capable ? »

« Et si je regrette ? »

« Qu’est-ce que je sais faire d’autre ? »

« À mon âge, est-ce vraiment raisonnable ? »

Alors elle reste.

Pas nécessairement parce que rester est le meilleur choix.

Mais parce que rester paraît plus sécurisant que partir vers quelque chose qu’elle ne connaît pas encore.

Et c’est ici que la sécurité intérieure devient centrale.

Nous voulons être sûrs avant de partir

C’est probablement l’un des pièges les plus importants.

Nous voudrions avoir confiance avant d’agir.

Nous voudrions connaître le chemin avant de commencer à marcher.

Nous voudrions savoir que notre projet fonctionnera avant de nous lancer.

Nous voudrions être certains de rencontrer quelqu’un avant de quitter une relation.

Nous voudrions avoir la garantie de retrouver un travail avant d’envisager une reconversion.

Autrement dit :

nous voudrions que l’extérieur nous garantisse notre sécurité avant de prendre une décision.

Mais cette garantie existe rarement.

Alors nous pouvons attendre très longtemps.

La sécurité intérieure ne consiste pas à savoir que tout ira bien

C’est une nuance qui me paraît essentielle.

Se sentir intérieurement en sécurité ne signifie pas se répéter :

« Tout va forcément bien se passer. »

Nous n’en savons rien.

Un projet peut échouer.

Une décision peut devoir être corrigée.

Une période peut être financièrement compliquée.

Nous pouvons nous tromper.

Nous pouvons avoir peur.

La véritable bascule pourrait plutôt être :

« Quoi qu’il arrive, je me fais suffisamment confiance pour chercher une solution. »

Je ne sais pas exactement comment cela va se passer.

Mais je sais apprendre.

Je sais demander de l’aide lorsque j’en ai réellement besoin.

Je sais m’adapter.

Je sais prendre une décision puis la réajuster.

Je sais tomber et me relever.

Je n’ai pas besoin de connaître aujourd’hui toutes les réponses aux problèmes qui pourraient éventuellement se présenter demain.

Ça, c’est de la sécurité intérieure.

Arrêter de vouloir déplacer immédiatement des montagnes

Pendant longtemps, j’ai beaucoup parlé de déplacer des montagnes.

Mais lorsqu’une personne ne se sent pas capable de faire un pas, lui demander de déplacer une montagne peut simplement renforcer son sentiment d’incapacité.

Alors commençons autrement.

Faites une chose seul.

Prenez une petite décision sans demander cinq avis.

Réglez un problème que vous auriez habituellement confié à quelqu’un.

Osez dire non.

Passez cet appel.

Demandez cette information.

Faites cette démarche.

Allez quelque part seul.

Prenez une décision imparfaite.

Puis observez.

Vous êtes toujours là.

Et vous venez peut-être de vous apporter une première preuve :

« Je peux compter sur moi. »

Puis recommencez.

C’est ainsi que l’on reprend son envol

La liberté ne consiste pas à n’avoir besoin de personne.

Nous avons besoin les uns des autres.

Demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse.

La question est plutôt de savoir si nous choisissons cette aide ou si nous sommes persuadés que nous ne pouvons rien faire sans elle.

Parce qu’à force d’expériences, quelque chose se construit.

Nous découvrons nos ressources.

Nous apprenons à décider.

Nous devenons plus autonomes.

Notre confiance augmente.

Et lorsque notre confiance augmente, l’inconnu devient progressivement moins menaçant.

C’est alors que certaines décisions qui semblaient impossibles deviennent envisageables.

Pas parce que la peur a complètement disparu.

Mais parce que nous avons développé quelque chose de plus solide qu’elle :

la certitude intérieure que nous pouvons compter sur nous-mêmes.

Alors si aujourd’hui vous vous sentez enfermé dans une situation qui ne vous correspond plus, ne vous demandez pas immédiatement comment transformer toute votre vie.

Demandez-vous plutôt :

Quelle petite expérience pourrais-je vivre aujourd’hui pour me prouver que je peux compter sur moi ?

Parce que la sécurité intérieure se construit aussi comme cela.

Une décision.

Une expérience.

Une preuve.

Puis une autre.

Jusqu’au jour où nous réalisons que les ressources que nous cherchions désespérément à l’extérieur existaient aussi en nous.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction