Comment faire avec les « autres » ?
Est-ce que votre entourage correspond encore à la personne que vous voulez devenir ?
Nous ne pouvons pas vivre sans les autres.
Nous sommes un individu au milieu de l’humanité, un grain de sable sur une plage, une goutte dans l’océan. Une grande partie de ce que nous sommes s’est construite au contact des autres.
Notre famille.
Nos amis.
Nos collègues.
Nos relations professionnelles.
Les personnes avec lesquelles nous partageons notre quotidien.
Nous avons besoin des autres pour échanger, apprendre, aimer, confronter nos idées, découvrir d’autres façons de vivre et parfois nous découvrir nous-mêmes.
Mais avoir besoin des autres ne signifie pas que nous sommes obligés de devenir les autres.
Et c’est là que notre environnement relationnel devient intéressant à observer.
Regardez les personnes que vous fréquentez
On entend souvent cette idée selon laquelle nous serions la moyenne des cinq ou sept personnes que nous fréquentons le plus.
Je ne crois pas qu’il soit nécessaire d’en faire une vérité mathématique pour comprendre ce qu’elle veut dire.
Notre environnement nous influence.
Les conversations que nous entendons quotidiennement influencent progressivement ce que nous considérons comme normal.
Les ambitions des personnes que nous côtoyons peuvent nourrir les nôtres ou les réduire.
Leur rapport à l’argent, au travail, au couple, au temps, à la réussite ou à la liberté peut finir par devenir une référence.
Alors faites simplement l’expérience.
Regardez les personnes avec lesquelles vous passez le plus de temps.
De quoi parlez-vous ensemble ?
De projets ou des problèmes ?
De ce que vous pourriez créer ou de ce qui ne va pas ?
Pouvez-vous parler de vos rêves sans vous sentir ridicule ?
Pouvez-vous dire ce que vous pensez réellement ?
Pouvez-vous changer d’avis ?
Pouvez-vous réussir sans devoir minimiser votre réussite ?
Pouvez-vous être vulnérable sans avoir peur que cela soit utilisé contre vous ?
Autrement dit : est-ce que vous vous sentez suffisamment en sécurité avec ces personnes pour être pleinement vous-même ?
Votre entourage correspond-il à la vie que vous souhaitez construire ?
Imaginez maintenant que vous souhaitiez changer votre qualité de vie.
Vous aimeriez gagner 2 000 € de plus chaque mois.
Vous aimeriez vivre avec moins de stress.
Vous aimeriez quitter la ville pour gratter la terre dans un environnement rural.
Vous aimeriez avoir des conversations plus profondes et authentiques.
Vous aimeriez travailler moins.
Créer autrement.
Voyager.
Vous sentir libre.
La question n’est pas de savoir si ces aspirations sont meilleures que celles des autres.
La question est de savoir si votre environnement actuel vous permet de les envisager comme possibles.
Parce que si vous exprimez un projet et que les premières réponses que vous entendez sont systématiquement :
« Tu rêves. »
« Ce n’est pas possible. »
« Tu as vu la conjoncture ? »
« Tu ferais mieux de garder ce que tu as. »
« À ton âge, tu ne vas quand même pas recommencer ! »
Il faudra énormément de sécurité intérieure pour continuer à avancer.
Non pas parce que les personnes qui vous répondent ainsi sont mauvaises.
Elles parlent simplement depuis leur propre réalité, leur propre histoire et leurs propres peurs.
S’entourer différemment ne signifie pas juger
C’est une nuance importante.
Changer son environnement ne consiste pas à cataloguer les gens entre ceux qui auraient « réussi » et ceux qui auraient « échoué ».
Une personne qui travaille à l’usine n’a pas moins de valeur qu’un avocat.
Un entrepreneur n’a pas davantage de valeur qu’un salarié.
Quelqu’un qui gagne beaucoup d’argent n’est pas supérieur à quelqu’un qui choisit une vie très simple.
Nous pouvons apprendre de tout le monde.
En revanche, nous ne pouvons pas demander à chaque personne de nous accompagner dans chaque direction.
Si je souhaite apprendre le piano, je vais probablement passer du temps avec des musiciens.
Si je veux créer un potager en autonomie, je vais chercher des personnes qui connaissent la terre.
Si je souhaite construire une entreprise, je vais naturellement m’intéresser à ceux qui ont entrepris.
Et si je veux construire une vie dans laquelle je me sens libre, serein et profondément moi-même, j’ai intérêt à rencontrer des personnes qui ont déjà développé quelque chose de cette liberté.
Ce n’est pas du jugement.
C’est de la cohérence.
Certaines relations appartiennent à une période de notre vie
C’est probablement l’une des choses les plus difficiles à accepter.
Certaines personnes ont parfaitement correspondu à celui ou celle que nous étions.
Puis nous changeons.
Nos priorités évoluent.
Nos valeurs deviennent plus claires.
Ce qui nous amusait autrefois ne nous intéresse plus.
Les conversations qui nous nourrissaient deviennent superficielles.
Nous n’avons plus envie de passer trois heures à refaire le monde autour d’un apéritif.
Nous avons envie d’autre chose.
Cela ne retire rien à ce qui a été vécu.
Cela ne signifie pas que l’autre est devenu mauvais.
Simplement, deux trajectoires peuvent s’éloigner.
Et parfois, nous continuons à entretenir certaines relations uniquement par ancienneté, par habitude ou par loyauté.
Nous nous disons :
« Ça fait vingt ans qu’on se connaît. »
Oui.
Mais est-ce que cette relation nourrit encore les personnes que vous êtes devenues aujourd’hui ?
C’est une transformation que j’ai vécue moi-même
À une époque, mon environnement était beaucoup plus orienté vers le business.
Chefs d’entreprise, comptables, juristes, avocats, banquiers, travailleurs indépendants, marketing, développement d’activité…
Cela correspondait à une partie de ma vie.
Aujourd’hui, ce n’est plus ce que je cherche.
Je n’ai plus envie de passer mon temps à parler business.
Je n’ai plus envie non plus de consacrer mon énergie à des conversations superficielles, aux critiques permanentes, aux polémiques ou à refaire le monde pendant des heures sans rien changer au nôtre.
Je recherche davantage la profondeur.
La nature.
La simplicité.
La liberté.
Des personnes avec lesquelles je peux être moi-même sans jouer un personnage.
Des relations dans lesquelles nous pouvons parler réellement de ce que nous vivons.
Et naturellement, mon environnement relationnel a changé.
Pas parce que les personnes que je fréquentais auparavant étaient mauvaises.
Parce que moi, j’ai changé.
La sécurité intérieure permet aussi de laisser certaines personnes partir
Lorsque nous ne nous sentons pas suffisamment en sécurité intérieurement, perdre une relation peut faire peur.
Alors nous conservons parfois des liens qui ne nous correspondent plus.
Nous avons peur d’être seuls.
Peur de décevoir.
Peur de passer pour quelqu’un qui « change ».
Peur que la famille ne comprenne pas.
Peur que nos anciens amis pensent que nous nous prenons pour quelqu’un d’autre.
Et nous pouvons alors continuer à adapter notre comportement pour conserver notre place dans le groupe.
C’est précisément là que nous risquons de nous éloigner de nous-mêmes.
La sécurité intérieure ne consiste pas à ne plus avoir besoin des autres.
Elle permet plutôt de ne plus avoir besoin de se trahir pour conserver les autres.
La différence est immense.
Vous n’avez pas nécessairement besoin de couper, mais peut-être de choisir
Changer son entourage ne signifie donc pas forcément supprimer cinquante contacts de son téléphone demain matin.
Cela peut commencer beaucoup plus simplement.
Passer davantage de temps avec certaines personnes.
En rencontrer de nouvelles.
Oser rejoindre des environnements différents.
Réduire naturellement la place de certaines relations.
Refuser certaines conversations.
Exprimer davantage ce que vous voulez.
Et surtout, observer comment vous vous sentez après avoir passé du temps avec quelqu’un.
Plus vivant ?
Plus libre ?
Plus confiant ?
Plus inspiré ?
Ou au contraire plus petit, plus tendu, plus inquiet, avec l’impression de devoir continuellement justifier qui vous êtes ?
Notre entourage ne décide pas de notre vie à notre place.
Mais il participe incontestablement à l’environnement dans lequel nous essayons de la construire.
Alors peut-être qu’avant de chercher encore ce que vous devez changer en vous, il peut être intéressant de regarder simplement autour de vous.
Est-ce que les relations que vous nourrissez aujourd’hui vous permettent d’être la personne que vous êtes en train de devenir ?
Et vous, quel environnement relationnel avez-vous envie de construire autour de vous ?
Nous sommes #TousFormidable.












