C’est pas facile avec tout ce qui se passe en ce moment

« Ce n’est pas facile avec tout ce qui se passe » : et si nous regardions d’abord ce qui se passe en nous ?

Il y a une phrase que j’entends régulièrement :

« Ce n’est pas facile avec tout ce qui se passe en ce moment. »

Les informations sont anxiogènes, le monde traverse des crises, les conflits se multiplient, certaines décisions nous échappent et l’avenir peut sembler incertain.

Tout cela existe.

La question n’est donc pas de nier la réalité extérieure ni de prétendre que les événements du monde n’ont aucune influence sur nous.

La question que je me pose est différente :

Pourquoi ce qui se passe à l’extérieur vient-il parfois autant déstabiliser ce qui se passe à l’intérieur ?

C’est précisément là que commence, pour moi, le travail sur la sécurité intérieure.

Reconnaître ce qui nous affecte sans devenir impuissant

À l’époque où j’avais écrit ce texte, j’associais rapidement la phrase « ce n’est pas facile à cause de l’extérieur » à la plainte et à la victimisation.

Aujourd’hui, je souhaite apporter une nuance importante.

Dire qu’une situation est difficile n’est pas forcément se victimiser.

Certaines situations sont réellement difficiles.

Un problème financier, une séparation, une maladie, une guerre, une perte d’emploi ou une période d’incertitude peuvent avoir des conséquences très concrètes sur notre existence.

Reconnaître cette difficulté est sain.

En revanche, nous pouvons devenir prisonniers de la situation lorsque nous finissons par considérer que notre état intérieur dépend entièrement de ce qui se passe à l’extérieur.

Nous abandonnons alors une partie de notre pouvoir d’action.

La responsabilité commence lorsque nous nous demandons :

Qu’est-ce qui ne dépend pas de moi, et qu’est-ce qui dépend encore de moi ?

Je ne peux pas contrôler l’actualité.

Je peux choisir la quantité d’actualité que je consomme.

Je ne peux pas empêcher quelqu’un de penser différemment.

Je peux observer pourquoi son opinion déclenche autant de colère en moi.

Je ne peux pas supprimer toute incertitude.

Je peux apprendre à devenir suffisamment sécure pour ne pas avoir besoin de tout contrôler avant d’avancer.

Notre perception passe toujours par nos propres filtres

Dans mon approche spirituelle de l’époque, j’écrivais que nous ne pouvions voir à l’extérieur que ce que nous étions intérieurement et que notre énergie « polarisait » notre réalité.

Aujourd’hui, je l’exprimerais différemment.

Le monde extérieur n’est évidemment pas créé uniquement par notre état intérieur. Les événements existent indépendamment de nous.

En revanche, nous ne percevons jamais le monde de manière totalement neutre.

Nous l’observons à travers notre histoire, nos expériences, nos croyances, nos peurs, nos attentes et nos mécanismes de protection.

Deux personnes peuvent être confrontées au même événement et ne pas le vivre de la même manière.

Lorsque nous sommes intérieurement insécures, notre attention peut naturellement se focaliser davantage sur ce qui représente une menace.

Nous remarquons le conflit.

Le danger.

La division.

L’injustice.

Ce qui pourrait mal tourner.

Ce n’est pas une faiblesse. C’est aussi une manière pour notre système de chercher à nous protéger.

Mais ce qui te protège aujourd’hui est peut-être ce qui te bloque demain.

Car à force de chercher partout ce qui pourrait nous menacer, nous pouvons finir par vivre dans un monde qui nous paraît constamment menaçant.

Imaginez que toutes les parties de vous conduisent la même voiture

J’aime beaucoup une image que j’utilisais déjà dans mon ancien texte.

Imaginez que vous partiez en vacances à cinq dans une voiture.

Vous avez décidé d’aller à la mer.

Mais au bout de quelques kilomètres, l’un des passagers attrape le volant parce qu’il veut aller à la montagne.

Un autre intervient parce qu’il préfère rentrer à la maison.

Un troisième veut continuer vers la mer.

Et chacun donne un coup de volant dans sa direction.

Imaginez l’état de la voiture sur la route !

Cette voiture, c’est vous.

Une partie de vous veut changer de vie.

Une autre a peur de perdre sa sécurité.

Une partie veut quitter son travail.

Une autre pense à l’argent.

Une partie ressent profondément qu’une relation ne lui convient plus.

Une autre redoute la solitude.

Une partie veut avancer.

Une autre veut être certaine de ne jamais se tromper.

Et pendant ce temps-là, vous essayez de conduire.

Voilà ce que j’appelle aujourd’hui une insécurité intérieure.

Non pas parce que quelque chose serait défectueux en nous, mais parce que différentes protections cherchent simultanément à prendre le contrôle.

Retrouver l’alignement plutôt que contrôler davantage

Face à cette confusion intérieure, notre premier réflexe consiste souvent à chercher encore plus de réponses à l’extérieur.

Nous demandons des avis.

Nous regardons des vidéos.

Nous lisons.

Nous écoutons les experts.

Nous demandons à notre entourage ce qu’il ferait à notre place.

Et parfois, plus nous accumulons de réponses, moins nous savons ce que nous voulons.

Le véritable travail consiste alors à revenir à l’intérieur.

Depuis quel endroit intérieur vais-je chercher cette réponse ?

Est-ce la peur qui choisit ?

Le besoin d’être rassuré ?

La peur du jugement ?

Une ancienne blessure ?

Ou ce choix correspond-il réellement à ce que je ressens profondément ?

Retrouver de la sécurité intérieure ne signifie donc pas réussir à contrôler parfaitement chacune des parties de soi.

Il s’agit plutôt de leur permettre d’arrêter de se battre pour le volant.

Demander de l’aide n’est pas abandonner sa responsabilité

J’utilisais également l’image du garagiste.

Lorsque notre voiture tombe en panne et que nous n’avons aucune connaissance en mécanique, nous pouvons évidemment essayer de comprendre le problème. Mais si nous n’y arrivons pas, il est parfaitement logique de demander l’aide d’un professionnel.

Pour nous, c’est pareil.

Nous pouvons parfois retrouver seuls davantage de stabilité. À d’autres moments, l’accompagnement d’un professionnel compétent peut être précieux.

Cela peut être un médecin lorsque le problème concerne la santé, un psychologue ou un professionnel de la santé mentale lorsque la souffrance le nécessite, ou encore un accompagnant dans un cadre de développement personnel lorsqu’il s’agit d’explorer ses choix, ses fonctionnements ou ses objectifs.

Demander de l’aide ne nous enlève pas notre responsabilité.

Au contraire.

Cela peut être une manière de la reprendre.

La sécurité intérieure ne change pas le monde, elle change notre manière de l’habiter

Pendant longtemps, j’ai beaucoup parlé de loi d’attraction, d’énergie, de magnétisme et de notre capacité à créer notre réalité.

Cette dimension spirituelle fait partie de mon parcours.

Mais aujourd’hui, ce qui m’intéresse surtout est ce que nous pouvons réellement observer dans notre quotidien.

Lorsque nous développons davantage de sécurité intérieure, le monde ne devient pas soudainement parfait.

Les conflits ne disparaissent pas.

Les mauvaises nouvelles continuent d’exister.

Les autres ne commencent pas miraculeusement à penser comme nous.

Ce qui change, c’est l’endroit depuis lequel nous répondons à ce monde.

Nous pouvons entendre une mauvaise nouvelle sans immédiatement imaginer le pire.

Traverser une incertitude sans prendre une décision uniquement pour calmer notre peur.

Entendre une opinion différente sans nous sentir personnellement menacés.

Choisir notre direction sans demander au monde entier de nous garantir qu’elle est la bonne.

Voilà pourquoi reprendre sa responsabilité ne signifie pas affirmer que nous sommes responsables de tout ce qui nous arrive.

Cela signifie refuser de confier entièrement notre stabilité intérieure aux circonstances extérieures.

Le monde peut parfois être chaotique.

Mais au milieu de ce chaos, une question reste toujours intéressante :

Qui tient le volant à l’intérieur de moi lorsque je décide de la direction que je vais prendre ?

Car nous avons peut-être beaucoup moins de pouvoir sur le monde que nous aimerions le croire.

Mais nous avons beaucoup plus de ressources à l’intérieur de nous que nous avons appris à utiliser.

Et c’est aussi pour cela que nous sommes #TousFormidable.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction