La conscience, votre allié
Nos émotions : une boussole pour retrouver notre sécurité intérieure
Pourquoi reproduisons-nous parfois les mêmes schémas, alors même que nous savons qu’ils nous font souffrir ?
Pourquoi rencontrons-nous le même type de personnes ? Pourquoi certaines situations semblent-elles revenir encore et encore ? Pourquoi pouvons-nous lire des dizaines de livres de développement personnel, regarder des vidéos, comprendre énormément de choses… et constater malgré tout que notre vie ne change pas réellement ?
Pendant longtemps, nous pouvons chercher la réponse à l’extérieur.
Pourtant, dans mon approche, une grande partie de la réponse se trouve à l’intérieur de nous, et plus particulièrement dans notre monde émotionnel.
Car avant même de parler de loi d’attraction, d’énergie, de vibration ou de manifestation, il existe selon moi une notion fondamentale : notre sécurité intérieure.
Quand nous ne nous sentons pas en sécurité, le mental prend le contrôle
Nous vivons tous des expériences qui génèrent des émotions.
Certaines sont agréables. D’autres beaucoup plus difficiles à traverser. Et lorsque notre histoire de vie a été chargée émotionnellement, nous pouvons progressivement apprendre à nous protéger.
C’est ce que j’appelle la carapace.
Cette carapace n’apparaît pas par hasard. Elle s’est construite parce qu’à un moment de notre histoire, nous avions besoin de nous protéger de ce que nous ressentions.
Le problème, c’est qu’à force de nous protéger de nos émotions, nous finissons parfois par ne plus savoir les écouter.
Le mental prend alors énormément de place.
Nous analysons. Nous anticipons. Nous jugeons. Nous cherchons des responsables. Nous essayons de comprendre pourquoi les autres nous font vivre telle ou telle situation.
Et lorsque notre sécurité intérieure est fortement fragilisée, deux mécanismes très anciens peuvent apparaître : la fuite ou l’attaque.
La fuite peut prendre de nombreuses formes : se réfugier dans le travail, multiplier les sorties, éviter le silence, consommer différentes substances ou simplement remplir chaque minute de sa journée pour ne surtout pas se retrouver face à soi-même.
L’attaque, elle, peut se traduire par la colère, les critiques, la jalousie, le besoin de rabaisser ou de « piquer » celui qui se trouve en face de nous.
Dans les deux cas, quelque chose en nous cherche avant tout à se protéger.
L’émotion n’est pas l’ennemie
C’est là que notre rapport aux émotions devient essentiel.
Une émotion désagréable n’est pas nécessairement quelque chose dont il faudrait se débarrasser immédiatement. Elle peut devenir une information.
La frustration, par exemple, peut nous signaler qu’une situation ne nous convient plus.
La peur peut nous montrer qu’une partie de nous ne se sent pas suffisamment en sécurité pour avancer.
La colère peut nous inviter à regarder une limite qui a été franchie ou une blessure qui a été réveillée.
Notre plan émotionnel peut alors devenir une véritable boussole intérieure.
Mais pour l’entendre, encore faut-il arrêter de vouloir systématiquement faire taire ce que nous ressentons.
La sécurité intérieure ne consiste donc pas à ne plus ressentir de peur, de colère ou de frustration.
Elle consiste progressivement à pouvoir ressentir une émotion sans être entièrement dirigé par elle.
Comprendre ne suffit pas toujours à transformer
C’est aussi pour cela que lire des livres de développement personnel ou regarder des vidéos inspirantes ne suffit pas nécessairement.
Ces contenus peuvent être extrêmement intéressants. Ils peuvent ouvrir des portes, apporter une compréhension ou provoquer une prise de conscience.
Mais comprendre intellectuellement quelque chose et le transformer intérieurement sont deux choses différentes.
Je peux parfaitement comprendre pourquoi je reproduis un comportement et continuer à le reproduire.
Je peux connaître par cœur les principes de la gratitude tout en étant profondément inquiet à l’intérieur.
Je peux répéter que « tout va bien » alors que mon corps et mes émotions racontent une tout autre histoire.
Dans ce cas, je ne construis pas réellement ma sécurité intérieure. Je pose parfois simplement une nouvelle couche mentale sur ce qui demande à être regardé.
La conscience commence par l’attention
Il existe pourtant un outil extraordinairement simple : l’attention.
Faites l’expérience maintenant.
Portez votre attention sur votre genou gauche.
Il y a quelques secondes, vous ne pensiez probablement pas à lui. Pourtant, dès que votre attention s’y porte, vous devenez conscient de cette partie de votre corps.
C’est cela qui m’intéresse dans la conscience : observer ce qui est déjà là.
Nos pensées.
Nos sensations.
Nos réactions.
Nos émotions.
Nos automatismes.
Nous passons souvent énormément de temps à porter notre attention sur ce qui ne fonctionne pas : une douleur, un manque, un problème, une personne qui nous agace, quelque chose que nous n’avons pas encore obtenu.
Pendant ce temps, nous oublions parfois tout ce qui fonctionne parfaitement.
Notre cœur bat. Nous respirons. Notre corps accomplit en permanence une quantité extraordinaire de choses sans que nous y pensions.
C’est seulement lorsqu’un grain de sable apparaît que toute notre attention se fixe dessus.
Là où va notre attention, notre expérience se transforme
Dans mon approche de la loi d’attraction, j’accorde beaucoup d’importance à cette notion de focus.
Ce sur quoi nous portons continuellement notre attention finit par occuper une place considérable dans notre expérience.
C’est notamment l’intérêt de la gratitude : entraîner notre attention à reconnaître ce qui est déjà là, ce qui fonctionne, ce qui nous nourrit et ce qui nous procure de la joie.
Mais attention à ne pas utiliser la gratitude pour fuir ce que nous ressentons.
Si une émotion difficile est présente, répéter mécaniquement des pensées positives ne la fait pas nécessairement disparaître.
La gratitude ne doit pas devenir une nouvelle carapace.
La première étape consiste à reconnaître ce qui est là.
Qu’est-ce que je ressens réellement ?
Qu’est-ce que cette situation vient réveiller en moi ?
Depuis quel endroit intérieur suis-je en train de réagir ?
Et surtout : est-ce que je me sens suffisamment en sécurité à l’intérieur de moi pour regarder cette émotion sans la fuir ?
Prendre sa responsabilité ne signifie pas se rendre coupable
C’est un point essentiel.
Prendre la responsabilité de notre vie ne veut pas dire considérer que nous sommes responsables de tout ce que les autres nous font subir, ni nier leur propre responsabilité.
Il s’agit de reconnaître l’espace sur lequel nous avons réellement du pouvoir : notre manière d’accueillir ce que nous vivons, de poser nos limites, de faire nos choix et de décider de la suite.
C’est à cet endroit que commence la transformation.
Je le sais d’autant mieux que, dans ma propre histoire, il m’a fallu arriver extrêmement loin pour commencer ce travail intérieur.
Et si j’ai autant écrit et partagé depuis, c’est aussi parce que j’aimerais éviter à d’autres personnes d’attendre d’être au pied du mur pour commencer à se rencontrer réellement.
Retrouver suffisamment de sécurité pour redevenir acteur de sa vie
À mes yeux, le véritable travail sur soi ne consiste donc pas à devenir quelqu’un d’autre.
Il consiste à retirer progressivement ce qui nous empêche d’être pleinement nous-mêmes.
Nos protections.
Nos automatismes.
Certaines peurs.
Certaines blessures.
Certaines croyances héritées de notre histoire.
La relation avec nos parents peut également faire partie de ce chemin. Il ne s’agit pas de nier ce qui s’est passé, d’idéaliser son père ou sa mère ni de forcer un pardon. Il s’agit plutôt, lorsque cela est possible et juste pour soi, de pacifier intérieurement son histoire afin qu’elle ne dirige plus inconsciemment notre présent.
Plus nous retrouvons cette sécurité intérieure, moins nous avons besoin de fuir ou d’attaquer.
Nous pouvons davantage écouter nos émotions sans en devenir prisonniers.
Nous pouvons poser des limites sans violence.
Nous pouvons faire des choix qui correspondent davantage à nos valeurs.
Nous pouvons retrouver de la joie sans avoir besoin que toutes les circonstances extérieures soient parfaites.
Et c’est peut-être là que commence réellement cette vie que j’aime qualifier de magique.
Non pas une vie dans laquelle il n’arrive plus jamais rien de difficile.
Mais une vie dans laquelle nous ne cherchons plus systématiquement à l’extérieur la sécurité qui doit d’abord se construire à l’intérieur.
Nous recommençons alors à être plutôt qu’à vouloir constamment faire.
Et progressivement, quelque chose devient plus simple.
La vie est simple avec un grand S.
La vie est magique avec un grand M.
La vie est formidable avec un grand F.
Et nous sommes #TousFormidable.












