Nous ne pouvons pas penser à la place des autres…

Combien de choses n’osons-nous pas dire par peur de la réaction de l’autre ?

Nous avons une question à poser.

Quelque chose à dire.

Une information à transmettre.

Et avant même d’avoir ouvert la bouche, une conversation entière commence dans notre tête.

« Il va sûrement me dire non. »

« Elle va mal le prendre. »

« Il va penser que je suis complètement perché. »

« Ça ne va pas lui plaire. »

« Je vais peut-être la blesser. »

« Qu’est-ce qu’ils vont penser de moi ? »

Et finalement, nous ne disons rien.

Le plus étonnant, c’est que la personne en face n’a encore absolument rien dit.

Nous avons créé sa réponse à sa place.

Nous faisons la question et la réponse

C’est quelque chose que j’observe régulièrement.

Nous avons tellement peur du jugement, du rejet ou simplement de déranger que nous anticipons mentalement la réaction de l’autre.

Nous croyons savoir ce qu’il va penser.

Nous imaginons sa réponse.

Puis nous adaptons notre comportement à cette réponse imaginaire.

Autrement dit, nous ne sommes déjà plus dans la relation avec la personne réelle.

Nous sommes en relation avec une représentation que notre mental vient de fabriquer.

Et c’est précisément là que la sécurité intérieure entre en jeu.

Parce que lorsque je suis suffisamment en sécurité avec moi-même, je peux poser une question sans avoir besoin de connaître la réponse à l’avance.

Je peux dire quelque chose sans contrôler ce que l’autre va en faire.

Je peux exprimer une intuition en précisant qu’il s’agit d’une intuition.

Je peux transmettre une information sans exiger qu’elle soit crue.

Je suis responsable de ce que je transmets. L’autre reste libre de ce qu’il en fait.

Une expérience récente m’a rappelé cela

Il y a quelques jours, j’ai eu ce que j’ai personnellement perçu comme des informations concernant l’affaire Delphine Jubillar.

J’ai choisi de les transmettre à la gendarmerie.

Est-ce que ces informations ont une quelconque pertinence pour l’enquête ?

Je n’en sais rien.

Est-ce que les enquêteurs vont les considérer comme intéressantes, inutiles ou invérifiables ?

Cela leur appartient.

Mon rôle n’était pas de décider à leur place de la valeur de ce que j’avais à transmettre.

Mon rôle était simplement, puisque je considérais ces éléments suffisamment importants, de les communiquer aux personnes compétentes.

Ensuite, je lâche.

Et cette expérience m’a rappelé quelque chose de beaucoup plus large dans notre quotidien.

Combien de fois gardons-nous quelque chose pour nous simplement parce que nous avons déjà imaginé ce que l’autre allait en penser ?

Transmettre ne signifie pas imposer

Il y a néanmoins une nuance essentielle.

Dire ce que nous avons à dire ne nous autorise pas à imposer notre vérité.

Je peux partager ce que je ressens.

Je peux raconter mon expérience.

Je peux transmettre une piste.

Je peux dire :

« J’ai pensé à quelque chose qui pourrait peut-être t’intéresser. »

Mais la personne en face reste libre.

Libre de m’écouter.

Libre de ne pas être d’accord.

Libre de vérifier.

Libre de ne rien en faire.

Libre également de me dire qu’elle ne souhaite pas recevoir ce type d’information.

Et cela ne remet pas nécessairement en cause ma valeur ou la sienne.

C’est peut-être justement cela, une relation plus saine : pouvoir dire sans imposer et pouvoir entendre sans devoir adhérer.

Quand quelqu’un souffre, nous voulons parfois lui donner de l’espoir

Cette réflexion est née d’une discussion privée.

Lorsqu’une personne autour de nous traverse une maladie grave et commence à perdre espoir, nous pouvons ressentir une envie très forte de lui dire :

« Il existe peut-être encore des possibilités. »

Cette intention peut être profondément humaine.

Mais c’est aussi un domaine dans lequel nous devons être particulièrement attentifs.

Donner de l’espoir ne signifie pas promettre une guérison.

Et accompagner quelqu’un vers davantage de sérénité, de méditation, de visualisation ou de travail intérieur ne doit pas conduire à lui demander d’abandonner les soins médicaux dont il a besoin.

Les deux questions peuvent parfaitement coexister :

Que peut faire la médecine pour mon corps ?

Et :

Que puis-je faire intérieurement pour mieux traverser ce que je vis ?

Ce ne sont pas nécessairement les mêmes questions.

Ce qui m’intéresse dans les travaux de Joe Dispenza

Je me suis notamment intéressé aux travaux de Joe Dispenza autour de la méditation, des pensées, des émotions et de notre capacité à modifier certains fonctionnements.

Certaines de ses interprétations, notamment lorsqu’elles sont reliées au « champ quantique » ou à des possibilités de guérison, vont beaucoup plus loin que ce que la science médicale permet aujourd’hui d’affirmer.

Je trouve important de le préciser.

Cela ne m’empêche pas de m’intéresser à une question que je trouve passionnante :

jusqu’où pouvons-nous transformer notre expérience en transformant notre état intérieur ?

Nous savons déjà que notre manière de penser, notre niveau de stress, notre sommeil, notre activité physique, nos relations et nos comportements ont des effets réels sur notre organisme et notre qualité de vie.

Et personnellement, je vais plus loin dans ma manière de l’expérimenter.

J’utilise la visualisation.

Je médite.

Je travaille avec mes émotions.

Je construis mentalement le futur que j’ai envie de vivre.

Je cherche à ressentir aujourd’hui l’état intérieur correspondant à cette direction.

Cela appartient à mon expérience et à mes croyances.

Je peux les partager.

Je n’ai pas besoin de les transformer en vérité universelle pour qu’elles aient du sens dans ma vie.

Créer son futur ne signifie pas contrôler la vie

Il existe également une différence entre choisir une direction et prétendre tout contrôler.

Je peux décider du futur que j’ai envie de construire.

Je peux visualiser une vie dans laquelle je me sens libre.

Je peux travailler à ressentir davantage de joie aujourd’hui.

Je peux modifier mes comportements pour qu’ils correspondent progressivement à cette vie.

Mais je reste un être humain évoluant dans un environnement que je ne contrôle pas entièrement.

Et finalement, cela me convient très bien.

Parce que la sécurité intérieure n’est peut-être pas de savoir exactement ce qui va arriver.

C’est pouvoir avancer sans avoir besoin de tout savoir.

Et si nous arrêtions de vivre les réactions des autres à leur place ?

La prochaine fois que vous avez une question à poser, observez ce qui se passe.

Est-ce réellement l’autre qui vous empêche de parler ?

Ou êtes-vous déjà en train d’imaginer sa réaction ?

La prochaine fois que vous ressentez le besoin de partager quelque chose, demandez-vous :

Est-ce que je souhaite transmettre ou convaincre ?

Si je veux convaincre, je risque de vouloir contrôler l’autre.

Si je veux transmettre, je peux simplement déposer ce que j’ai à dire et lui rendre sa liberté.

Je parle depuis ce que je ressens.

Je respecte la personne qui est devant moi.

Je lui laisse son discernement.

Et je continue mon chemin.

Peut-être que notre travail n’est finalement pas de faire penser les autres comme nous.

Il est de devenir suffisamment en sécurité intérieurement pour exprimer ce que nous avons à exprimer, tout en laissant à l’autre la liberté absolue d’en faire ce qu’il veut.

Dire ce qui nous appartient. Laisser à l’autre ce qui lui appartient. Et continuer à construire la vie que nous avons envie de vivre.

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Stéphane Bride-Bonnot coach loi d'attraction
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